Un homme-vache ?

          MEUH !!

Bienvenue chez moi !

Je me présente : ManuMeuh, jeune homme de 22 ans caractérisé par un manque de bol latent... Ceci est mon défouloir ! Entrez, n'ayez pas peur ! 

J’aime : Le cinéma, l’informatique, la lecture, la photos, les vaches...

Je suis : Apprenti Ingénieur, en couple.

J’aime pas : Le poisson, les listes des gens qui se présentent… J’arrête donc !

Bonne lecture lecteur !

 

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Meuh à tous !!

B.O. de cloture : Cali - Je m'en vais

Creation : Mini-Pièce - AMOUROPHAGE

Mercredi 3 octobre 2007
Opération du mois d’octobre sur ce blog :
Diffusion par épisodes de
AMOUROPHAGE
- Mini-pièce sans prétentions de mon cru, en 1 acte et 4 tableaux. -
  

AmourophageTitre.JPG

 
Très bientôt sur le blog de ManuMeuh !! 


Par ManuMeuh
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Vendredi 5 octobre 2007
 
 
Scène 1

De l’art de faire connaissance
 
L’action se déroule dans une cellule, grisâtre, contenant le strict minimum… Au fond, on peut voir un bloc gris qui sert de lit. Devant, un autre bloc plus haut, pouvant s’apparenter à un siège.
On voit un home allongé sur le « lit », fixant le plafond… Il est habillé d’une tenue blanche, uniforme.
Soudain, il se lève, l’air décidé… Il regarde minutieusement un pan de mur. Avec difficulté, il arrache un morceau de la fine pellicule qui recouvre le pourtour de sa cellule
Il obtient ainsi une feuille grise, qu’il pose sur l’espèce de  siège. Avec le pied, il frotte le côté du lit et arrive à  l’effriter. Il récupère un des morceaux, s’agenouille devant le siège, et commence à écrire sur la feuille tout en parlant…
 
- Ma Ché-rie… (il réfléchit) Non. (Il se met à dicter ce qu’il écrit) Mon A-mour, je ne sais pas si tu au-ras cet-te lett-re. (Il gagne en rapidité) Depuis « l’invasion », nous allons l’appeler comme cela, je n’ai plus de nouvelles de toi. J’étais parti au travail, un matin, comme tous les matins, et c’est arrivé comme tel… Ce que les scientifiques appelaient déjà ‘la plus grande découverte de l’univers’ avait enfin réagit : et quelle réaction ! Ces choses venues d’ailleurs ont réduits à néant nos forces armées en moins de 6 heures. Alors qu’avec les collègues, on écoutait à la radio, terrifiés, l’avancement de l’invasion de ces êtres plus puissant, plus nombreux et mieux équipés, nous avons soudain aperçus une drôle de couleur dans l’air. Une espèce de pollen flottait devant nos yeux. J’ai alors sentit mes force m’abandonner.
(Il relit rapidement son texte, puis se remet à écrire)
- Je me suis réveillé ici, dans cette « cellule ». J’ai perdu la notion du temps : ma seule échéance est un repas quotidien, fabriqué à partir d’une bouille informe. Tu me manques… Je ne sais même pas où tu peux être… Je t’aime tellement (Il devient plus ému) Je t’aime, je t’aime, je suis même persuadé que cette lettre ne t’arrivera jamais… Je t’aime, je t’aime… (Il réfléchit) Je t’aime… Je…
 
(Soudain une forte lueur bleue envahie la pièce dans un bruit sourd. L’homme se relève, stupéfait)
- Qu’est qui se passe ?
(Une voie métallique forte s’élève)
- Choix effectué
(L’homme regarde partout, apeuré)
- Hein ?
- Entité humaine.
- Quoi ? Qui êtes-vous ?
- Donner amour.
- … pardon ?
- Donner amour
- (Il crie) A L’AIDE ! UNE VOIX BLEUE M’AGRESSE !!
- Donner amour
- …
- Donner amour
-
- Donner amour
- (agacé) Il va falloir faire des phrases plus longues là, je ne comprends rien !
- Requête acceptable… Recherche vocabulaire…
- Ca ne sera pas de trop…
- Etude grammaire… Etude conjugaison…
- … Prenez votre temps…
- Une forte récurrence du champ lexical du terme « amour » a été détectée dans cette zone pénitentiaire exsangue, dénotant selon vos critères littéraires communs, un style épistolaire déplorable, mais aussi une connaissance importante du sujet souhaité.
- Vous en avez trouvé du vocabulaire, mais ce n’est pas la peine d’en faire trop… Qui êtes-vous et qu’est que vous me voulez ?
- Une acquisition de connaissances humaines.
- Mais, vous êtes l’un… d’eux ?
- Si par « eux », vous entendez « espèce supérieur dominante venue de l’espace », la réponse est oui.
- …Whaou… C’est donc « ça » qui a réduit mon peule et ma planète en esclavage en un après-midi seulement : une lumière bleue qui a le voie de Terminator ?
- C’est une traduction en temps réel de ma pensée, quand à ma forme d’origine, vous n’en apercevez que la lueur.
 
(Un temps s’écoule où l’homme se détend un peu… Il s’assoie sur le lit…)
 
- Alors, pouvez-vous me transférer vos données ?
-Mais que me voulez-vous au juste ?
- Donnez moi l’amour.
- Quoi ? Attendez, va falloir m’en dire plus là : vous voulez … (Apeuré) que je vous fasse l’amour ? Vous allez faire comme Roswell : enlever les gens pour leur faire des trucs sexuels ?
- Notre définitions de Amour : « ressentit humain inutile et incompréhensible, s’apparentant à ce qu’ils appellent un « sentiment ». L’amour reste un grand mystère pour nos scientifiques, car il provoque des réactions incontrôlables et illogiques chez cette espèce mineure. »
Je ne comprends pas… Vous avez l’amour en vous : donnez le moi.
- Attendez… Vous me retenez contre mon grès, vous avez envahis ma planète, vous me nourrissez d’un truc infâme que même McDo ne voudrait pas vendre, vous critiquez mon « style épistolaire déplorable » et il faudrait en plus que je vous donne quelque chose ? En plus ça ne se donne pas l’amour… Ca s’explique, ça se ressent…
- Expliquez moi.
- Non… Ca fait au moins une chose en quoi nous vous sommes supérieur !!
(Il fait un bras d’honneur vers la source de la lueur)
- C’est ennuyeux, tous nos outils qui peuvent s’apparenter pour vous à des moyens de tortures sont trop puissants : ils éradiquent automatiquement le corps humain. Nos scientifiques travaillent sur un outil de torture suffisamment faible pour ne pas vous tuer immédiatement. C’est très ennuyeux…
 - (Angoissé) C’est bien ma chance… Qu’est que vous gagneriez à savoir ça de toute façon ?
 
 
 
…A suivre…
 
Par ManuMeuh
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Mardi 9 octobre 2007
 
- Si vous ne donnez pas l’amour, je nettoierai la cellule et passerai à un autre humain. Ca serait dommage, vous semblez connaître le sujet.
- Nettoyer ? Non non non ! Attendez, je veux savoir : pourquoi vous voulez comprendre ça : dans votre définition, vous dites vous-même que c’est inutile.
Je veux comprendre. Je cherche à savoir comment quelque chose qui n’existe pas physiquement peux faire agir une espèce dans de telles proportions. Je suis ce que vous pouvez caractériser comme « curieux ». Je suis ici à cause de ça.
- Un alien curieux ? Tiens donc !
- J’étais soldat d’élite, mais j’ai été transféré au service pénitencier pour curiosité trop importante.
- Encore mieux : un alien déclassé ! Je me demande bien ce que vous avez pu faire pour être jugé aussi curieux ?
- Je n’ai vaporisé un garde humain qu’en 10 millièmes de vos secondes au lieu de 2, car je voulais observer plus précisément l’action de décomposition de la chaire. J’ai été dégradé pour manque de productivité.
- Ha… (il déglutit) Le seuil de tolérance est tout de même assez bas…
 
(Il réfléchit un temps)
 
- Vaporisé un garde humain vous dites ? Vous n’éprouvez vraiment aucun sentiment alors ! Vous ne connaissez rien à l’amour. Et vous n’avez d’affection pour personne ? Pas d’ami, de famille ?
- Si vous entendez par là les individus de mon espèce qui m’ont fait naître, vous vous méprenez. Un système de reproduction tel que celui-ci est barbare et complètement improductif. Nous nous multiplions par mitose, c’est de la duplication « non sexuée ».
- Génial, des extra-terrestres qui se photocopient… Et votre « frère » de duplication, vous avez des nouvelles ? Vous vous faites des apéros de temps en temps ?
- Nous naissons à l’age adulte, et chacun est envoyé à son poste pour servir la prospérité de l’espèce. Il n’y a pas d’individualisme, et pas de vos « sentiments ».
- Individualisme ! C’est un grand mot ! Vous avez bien un nom, qui vous différencie les uns des autres !
- Nous sommes classés par couleurs, d’infimes nuances sur le spectre lumineux. Mais ça ne sert que pour l’administratif et les ordres. Par exemple, vos yeux médiocres doivent m’apercevoir dans une teinte bleutée.
- Un peu violente comme lumière d’ailleurs… Mais laissez-moi réfléchir, vous ne risquez pas d’être re-dégradé pour curiosité sur l’amour ? C’est plus grave que d’observer pendant quelques millisecondes en trop la mort d’un ennemi !
- Personne ne s’occupe de ce qui se passe ici.
(L’homme marque encore une pause de réflexion)
- Hum écoutez… J’ai ici une lettre, qu’importe le style, que je souhaiterai remettre à ma compagne, et par là même savoir si elle est toujours en vie. Si vous pouvez me promettre de la lui faire passer, je vous aide dans votre recherche de « l’amour ». Ca semble un deal acceptable non ?
- Synonymes de deal : commerce, marché, accord, négociation, arrangement… Je ne peux pas faire ça. Vous n’êtes pas en position de marchander.
- …
- Vous avez parlé de « promettre » ?
- En promettant, vous garantissez que vous ferez une action.
- Et si on ne la fait pas ?
- Et bien vous perdez la confiance de la personne !
- Et alors ?
- Ca vous affecte, vous avez trahi !
- Et alors ?
- Et bien votre amour-propre en prends un coup et… (Il semble réaliser) C’est vrai, je demande à quelque chose qui ne comprends pas l’amour, de faire appel à son amour-propre... Ce n’est vraiment pas gagné.
- Alors, vous m’expliquez ?
- Hum… Je vais réfléchir… Mais il me faut une contrepartie ! Pourquoi ferai-je ça hein ? Qu’est que j’y gagne. Tout ce que je demande en échange c’est de faire passer une misérable lettre.
- A n’importe quel humain ?
- Non ! A ma compagne !
- Quelle différence ? Je ne vois pas l’intérêt.
- Mais c’est elle que j’aime !
- Donnez moi l’amour.
- Pfff… Vous ne comprenez vraiment rien.
- C’est pour cela que je suis venu vous chercher.
- Ecoutez : Si vous ne faites pas ce que je vous demande pour la lettre, je dénonce votre curiosité à vos supérieurs !
- Vous n’avez aucun moyen de faire cela. Et si vous y arrivez, je serais nettoyé, et vous aussi. La seule chose à laquelle votre espèce semble tenir plus que l’amour et le pouvoir, c’est votre insignifiante vie.
- Vu comme ça…
- Alors votre réponse ?
- Résumons : si je vous aide à comprendre l’amour, ce qui semble loin d’être gagné, je n’ai aucune garantie que vous apportiez ma lettre à ma compagne. Et si par miracle vous acceptez de le faire, j’ai une chance sur mille qu’elle lui arrive. Dans le cas contraire, la lettre échouera plutôt à un autre humain, ou pire à une bête aux tentacules multiples venue d’un autre univers.
- Nous retenons beaucoup d’espèces très différentes ici.
- Votre collection perso, c’est ça ? … Hum, Et, si je ne vous aide pas, vous m’éliminez dans la seconde, et vous allez demander assistance à un autre humain qui aura lui aussi parlé d’amour.
- Exactement. Votre réponse ?
- Ai-je le choix… Bien sûr que je vais essayer.
- Bien, nous commencerons dans dix milliards cinq cents milles rotations d’un atome d’hydrogène.
(La lueur bleue s’éteint soudainement)
- Quoi ? Ca fait combien de temps ça ?
- Allo… Allo… ALLO !!!
 
 
Fin de la Scène 1
 
 
…A suivre…
 
Par ManuMeuh
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Vendredi 12 octobre 2007
 
Scène 2

De l’art de créer
 
L’homme est allongé sur le lit, il dort paisiblement. A côté de sa tête, la feuille qui a servi à faire la lettre est soigneusement pliée. Il semble avoir fini de l’écrire.
La lumière bleue revient soudain, dans le même bruit sourd.
L’homme sursaute.
 
- Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ?
- Alors, mon explication ?
(Il s’assoit sur sa couchette, en se frottant les yeux… Le réveil est brutal)
- Dommage.
- Quoi donc ?
- Vous n’êtes pas un rêve.
- Vous en doutiez ?
- Disons que j’espérais sincèrement ne pas avoir conclu de pacte intenable avec un extraterrestre infophage.
- Infophage ? Ca n’est dans aucune de vos sources de données.
- Et pour cause, je viens de l’inventer !
- Vous semblez crispé. Votre rythme cardiaque est élevé.
- Et comment vous pouvez savoir ça d’abord ? Un peu que mon rythme cardiaque est élevé : vous m’avez fait sursauté comme jamais ! Vous avez débarqué ici comme un cow-boy… A l’américaine !
- Qu'est-ce que vous voulez dire par « A l’américaine » ?
- Comment vous expliquer la philosophie américaine... En gros, c'est le premier peuple terrien à vous avoir détectés, par sa technologie. C'est ensuite le premier peuple, qui a cru comprendre ce que vous étiez, et pourquoi vous étiez là... C'est aussi le premier peuple qui a envoyé l'ensemble de son arsenal nucléaire à votre encontre en fêtant sa victoire prochaine... Enfin, c'est le premier peuple terrien à avoir entièrement été éradiqué...
- Vous voulez sûrement parler des habitants de la zone nommée « Etats-Unis »... Selon vos sources de données, l'Amérique représente l'ensemble du continent... Si on considère la syntaxe de votre langue, il serait plus propre et plus logique de les appeler les "Etats-uniens"
- Quelle importance à présent... Vous les avez faits entièrement disparaître... Mais ne changez pas de sujet : comment pouvez-vous connaître mon rythme cardiaque ? Je ne suis branché à aucun appareil !
- Un organisme aussi simpliste que le votre est facile à observer. Votre cellule est en observation constante, comme toutes les autres.
- Les autres ? Il y en a tant que ça ?
- Inutile de vous donner un chiffre, votre esprit ne pourrait pas le représenter.
- Mon esprit a quand même réussi à créer un mot que vous ne connaissiez pas !
- Quel intérêt ?
- Exprimer une idée originale. Pour mon « Infophage » par exemple, vous avez « Info » pour le côté information, et « phage » qui veux dire mangeur. Infophage est un néologisme : un mot créé de toute pièce, mais qui exprime une idée précise, ici « mangeur d’informations ».
Et le mangeur, c’est vous !
- Je ne comprends pas l’intérêt d’une telle réflexion : dire « mangeur d’information » est plus économique par rapport à la dépense d’énergie générée lors de la création d’un mot nouveau. De plus, vous prenez le risque de ne pas être compris par tout le monde.
- Un humain me comprendrait très bien : vous, vous ne faites que traduire comme un dictionnaire, et ce genre de mot vous bloque. Vous comparez juste une liste de mots à une autre, et vous n’avez aucune capacité d’interprétation. Une solution pour vous brouiller serait de ne parler que par néologisme du même type !
- Ce qui provoquerait un nettoyage immédiat de cette cellule… Et de vous.
- Ne vous énervez pas… Ils sont susceptibles les petits hommes verts !
- Donnez moi l’amour.
- C’est vraiment votre leitmotiv ça ! Justement, je me disais que j’allais pouvoir retomber là dessus… On est bien d’accord qu’il n’y a aucune chance de créer un quelconque sentiment, d’amour ou autre, d’un point de vue social chez vous : famille, amis, collègues, tout ça ne veut rien dire.
- Ce sont des notions abstraites est inutiles : une complète perte de temps.
- C’est bien ce que j’ai cru comprendre ! On va donc attaquer le problème dans une autre optique ! Si on revient à mon néologisme… Ce genre de créations simples génère une petite satisfaction à son auteur : on prononce un mot nouveau, original, et compris par le plus grand nombre. Passez-moi l’expression, mais c’est la classe ! Vraiment de quoi briller en société.
- Vous êtes lamentables : le regard des autres n’est rien, seul l’intérêt commun compte.
- Chez vous, oui. Mais même si le regard des autres jette un oeil ailleurs justement, il reste une satisfaction personnelle importante. On a créé ! On a produit de soi-même quelque chose qui n’existait pas avant : c’est le début de ce qu’on appelle communément, l’art !
- Définition de Art : « Ensemble de gestes précis concernant une pratique maîtrisée. Pour les humains, l’art est avant tout une question d’esthétique et d’appréciation personnelle d’une rare stupidité. En effet, il arrive que deux hommes ne voient pas les choses de la même manière. Plus incroyable encore, ils peuvent aller jusqu’au conflit, pour une simple question d’opinion ! » Quel est le rapport avec l’amour ?
- Mais il est évident ! On parle ici d’appréciation personnelle : on se fie à son propre jugement et à ses convictions pour dire si on apprécie ou non telle ou telle chose. Nous sommes en plein dans le sujet : l’amour ! Aimer ou ne pas aimer quelque chose !
- Vous m’ennuyez, nous retombons dans le même problème. Je vais passer à un autre individu…
 
 
 
…A suivre…
 
 
Par ManuMeuh
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Mardi 16 octobre 2007
 
- Attendez !! Laissez-moi au moins vous présenter ma vision des choses. Je vous promets des résultats.
- Encore une de vos « promesses ».
- Il est vrai que je ne me mouille pas trop en faisant une promesse à un être sans amour-propre. Mais… Laissez-moi cette chance.
- Allez-y.
- Attendez, je viens d’avoir l’idée ! Il va me falloir de la préparation ! Et du matériel.
- Comment ça.
- Il me faudrait une source de donnée humaine, genre une connexion Internet.
- Définition de Internet : « Réseau informatique terrien pouvant donner accès à une grande quantité d’informations (à leur échelle) dont plus de 75 % sont fausses. Il faut savoir que les humains considèrent cet outil comme répandu à travers leur planète, alors que moins de 10% des individus en sont équipé (les individus dits « riches ») »
Je ne vois pas à quoi ça va vous servir…
- Quand on sait où chercher, ça suffit ! Vous pouvez me trouver ça ?
- Je reviens dans 50 mille rotations d’un atome d’azote.
(La lumière s’éteint violemment)
- Quoi ? Il remet ça avec ses atomes…
… Ca fait combien de temps ça ? … J’espère au moins qu’il ne va pas me ramener du Wanadoo…
(La lumière revient)
- Vous revoilà ? Bon, on va se mettre d’accord sur les rotations d’atomes. C’est quoi ce système temporel moisi là ! Ca ne veut rien dire !
- Au moins c’est un système standardisé dans l’univers, car il fait appel à des éléments communs. C’est toujours mieux que votre système d’heures qui, quand on l’applique à la lettre, finit par définir des années à 365 jours un quart. Ce n’est même pas digne d’une civilisation comme la votre.
- Elle a fait ce qu’elle a pu notre civilisation ! Vous m’avez apporté un ordinateur au moins ?
- Il faut savoir que votre système informatique correspond pour nous, à un temps plus reculé encore que votre âge de pierre.
- Ca vous fait vraiment plaisir de nous humilier, hein ? Bon, et alors ?
- J’ai transféré vos données sur un de nos systèmes.
 
Dans le mur, une petite trappe se déclenche. L’homme y récupère un petit pavé rectangulaire moitié moins gros qu’une boite d’allumette
 
- Et le reste ?
- Que voulez-vous dire par « reste » ?
- Et bien l’écran, le clavier… l’unité centrale… Tout ce qui manque autour de cette… chose !
- Tout est là, posez-le sur un support…
 
L’homme s’exécute, et dépose le pavé sur le siège. Un fin rayon part soudainement de l’appareil et s’étale sur le mur… La page d’un moteur de recherche s’affiche alors sur tout un côté de la pièce.
 
- Voilà, montrez-moi.
- Vous n’avez pas de câble ? Rien ?
- Vous espériez être relié à quoi que ce soit ? Et ainsi essayer de communiquer avec vos semblables ? C’est peine perdue. L’intégralité de votre réseau Internet est contenue dans cet objet.
- Tout Internet… Là dedans ? Au moins, il faut reconnaître que vous assurez en miniaturisation et en volume des espaces de stockage ! … Heu comment je tape quoi que ce soit ?
- Je me doutais que vous auriez ce problème : Je vous ai trouvé ça.
 
L’homme retourne voir dans la trappe, et trouve un vieux clavier d’ordinateur poussiéreux et une ancienne souris à boule.
 
- Ha ha ! Elle est belle la technologie extra-terrestre ! Vous n’avez même pas de clavier sans fils, ni même de molette sur vos souris !
- Nous faisons marcher nos appareils par ondes mentales. Pas besoin des ces instruments de saisie barbares.
- Ne vous fâchez pas, ce n’était qu’une petite blague…
- Définition Blague : histoire ou réflexion amenant la race humaine à lancer de grands éclats de voix spontanés ou simulés. Quand l’histoire ou la réflexion n’est pas suivie de ces grands éclats de voix, on parle d’ « échec » ou « bide ».
- Attendez, vous ne connaissez pas l’humour non plus ? Votre empire, aussi vaste soit-il, doit être bien triste.
- Définition de Triste : « attitude… »
- (Il coupe) Non pas la peine de définir tous les mots nouveaux ! Je viens juste de réaliser l’étendu du travail… Vous semblez au degrés zéro de sentiments et de réflexion !
- Je tiens parfaitement une conversation avec vous.
- Bien sûr, mais vous ne réagissez qu’à mes paroles, pas à mes réflexions : d’un point de vue créatif et sentimental vous êtes moins productif qu’un enfant de mon espèce ! Il reste un bon bout de chemin à parcourir, avant d’arriver à un résultat, et encore, si un résultat est possible.
(il réfléchit) Hum… Il va me falloir du temps pour préparer mon exposé sur l’art. Revenez dans quelques « rotations d’atome d’oxygène » ou tout ce que vous voulez…
- Bien
(La lumière disparaît)
- Et bien… Je ne suis pas sorti de l’auberge moi…
 
 
 
…A suivre…
 
Par ManuMeuh
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Vendredi 19 octobre 2007
 
Scène 3
 
De l’art de parler d’art
 
L’homme est allongé sur le lit et écrit des notes sur une nouvelle feuille fraîchement arrachée de la pellicule du mur. La couleur grise habituelle de la pièce est perturbée par l’éclairage du mini projecteur Internet. Tout un pan de mur affiche maintenant une page de l’encyclopédie électronique Wikipedia. On peut voir le sujet de l’article : l’art.
La lumière bleue revient de nouveau, dans le même fracas habituel.
 
- Ha ! Vous revoilà vous !
- Alors vous êtes décidé ?
- … Heu… Décidé à quoi ?
- Donnez moi l’amou…
- (Il coupe) STOP !! On se calme. Ne recommencez pas avec ça ! Vous êtes pire qu’un disque rayé ma parole ! Bon… Je vous ai préparé un petit topo sur l’art… L’art se distingue avant tout par la subjectivité avec laquelle on le regarde. Si on veut voir si vous êtes capable de sentiment, il va d’abord falloir déterminer si vous pouvez avoir du goût pour quelque chose.
- Concept complètement absurde : toute création est composé de molécules… Elles-mêmes composées d’atomes et d’électrons… Tous plus ou moins semblables. Comment y voir une distinction ?
- Car vous regardez trop en détail… Il faut savoir prendre du recul : regarder en globalité ! Je ne vous demande pas d’examiner, mais bien d’apprécier. Si vous n’en êtes pas capable, allez au diable !
- Je détecte en vous quelque chose qui ressemble à ce que vous appelez de la susceptibilité… Dois-je vous rappeler que vous n’êtes pas en position d’être ‘susceptible’ ? Quand à votre « allez au diable » je ne comprends pas… Où voulez-vous que j’aille ?
- Pourrir en enfer, vous et votre bande de cow-boys intergalactiques !
- Définition de Enfer : « Lieu imaginaire à opposer au paradis… Le mot « Enfer » fait sécréter chez l’être humain des hormones relatives à la crainte, alors que le mot « Paradis » nous rapproche plus d’un sentiment d’envie. Pourtant, pour certains, ces sécrétions sont inversés (hommes dits ‘satanistes’ ou ‘hard-rockers’), et pour d’autres, inexistantes… Une nouvelle preuve du comportement archaïque humain. » Devrais-je être effrayé par des menaces à base de choses inexistantes ? Vous avez des moyens de défenses bien étranges décidément…
- Ca va, ça va… Ne me lancez pas sur la religion ! Je sais que ce n’est pas ce qu’on a produit de mieux… Bon, vous continuez à me rabaisser ou vous voulez entendre mon petit speach ?
- La chance de succès est nulle, mais qu’il en soit ainsi : essayons.
- Bien… Je ne tolérerai pas d’interruption, je vous le dis tout de suite !
 
L’homme saisit sa feuille de notes, s’éclaircit la voix dans un raclement de gorge, et commence à déclamer…
 
- « Le mot art vient du latin ‘ars’ (habileté, métier, connaissance technique). L’art défini par extension aussi bien la manière de créer que la création elle-même, qu’elle soit technique (architecture, métallurgie…) ou esthétique (sculpture, peinture…). Dans ce dernier cas, on parle de ‘Beaux arts’… »
- Qu’entendez vous par ‘beau’ ?
 
L’homme plaque sa main contre son visage tout en lâchant un profond soupir de lassitude…
 
- Si c’est pour sortir des trucs pareils, il vaut mieux que vous vous taisiez ! Vraiment !
 
Il reprend dans un nouveau soupir…
 
- « Philosophiquement, l'art se définit par sa dimension esthétique : il est une création d'œuvres visant à susciter une appréciation esthétique positive, c'est-à-dire à plaire et à toucher la sensibilité par leur seule forme, par leur seule apparence. » Ca, c’est ce qu’il vous manque…
- Visiblement, oui.
- Ensuite je me suis dit qu’on pourrait détailler les grands arts majeurs… Voire peut-être ainsi votre préférence… « Dans l'Antiquité, les arts étaient symbolisés par les Muses au nombre de 9 : Calliope : la poésie épique ; Clio : l'histoire ; Érato : la poésie lyrique ; Euterpe : la musique ; Melpomène : la tragédie ; Polymnie : l'art d'écrire et la pantomime ; Terpsichore : la danse ; Thalie : la comédie ; Uranie : l'astronomie. »
- L’astronomie ? Un art ? Vous ne possédez même pas le début d’un atome-gramme du savoir réel de l’astronomie !
- Hey ! Faut se mettre à notre niveau !
- Je ne suis pas ici pour creuser…
 
 
 
…A suivre…
 
Par ManuMeuh
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Mardi 23 octobre 2007
 
- Vous commencez à faire de l’humour… C’est au moins bon signe, à défaut d’être sympathique ! Mais tout ça c’était pour nos anciens. Ecoutez bien comment on le voit aujourd’hui : « Hegel, classe vers 1818-1819 les arts selon une double échelle de matérialité décroissante et d'expressivité croissante. Il distingue ainsi six arts, dans cet ordre : 1.architecture, 2.sculpture, 3.peinture, 4.musique, 5.danse, 6.poésie… »
- Rien de bien parlant…
- Attendez ! Heureusement que je vous avais dit que je ne tolérerai aucune interruption ? Indisciplinés ces gars-là en plus…
- Un nettoyage de la cellule vous paraîtrait plus approprié peut-être !
- Pfff tout de suite les grands mots… Inutile de monter sur vos grands tentacules bleus ! Laissez-moi au moins continuer !
-
- Bon. Si on analyse un art en particulier… La peinture par exemple : voilà un truc qui vous bote ! Vu la teinte que vous arborez, je suis sur que vous auriez adoré la période bleu de Picasso ! L’harmonie des couleurs… On sent l’émotion du peintre sur chaque coup de pinceau !
- Rien de plus qu’un enchevêtrement de teintes basées sur les 3 couleurs primaires.
- Mais chaque tableau raconte une histoire ou une émotion ! …Bon, d’accord, peut-être trop abstrait pour vous. Et la danse ? C’est du concret ça ! Les mouvements des corps : l’expression de l’homme directement matérialisée !
- Rien de plus qu’une dépense d’énergie inutile : se tordre, sauter… Tout ça pour une simple raison « esthétique ». Il n’y a rien de plus vain que de produire un effort pour autre chose qu’aider l’intérêt commun de son espèce…
- Bon… C’est un point de vue… Et la poésie ? La littérature est un assemblage de mots qui racontent des histoires ! Vous pouvez comprendre ces mots ! Il suffit ensuite de se laisser guider par leur sens…
- J’ai essayé de décrypter certaines de vos sources d’informations… On y parle beaucoup d’amour, ce qui m’a intrigué… A la suite de quoi je suis venu vous trouver.
- Pfff.. Et voilà, on tourne en rond !
- Vous n’êtes pas très convainquant.
- Vous n’êtes pas non plus très coopératif ! Et la sculpture ?
- Dégradations stupides de minéraux qui pourraientt être utilisés à des fins plus constructives et protectrices.
- Justement ! Si vous vous intéressez aux constructions : parlons architecture ! La beauté des courbes des bâtiments, alliée au génie des calculs de portances, pour finalement avoir des lieux sublimes qui…
- Toute fioriture à une construction et un pas vers la faiblesse de celle-ci.
- Ok, vous êtes du style « blocos » vous ! Tout pour la solidité, tant pis si c’est pas joli à regarder !
- Rappelez vous que j’ai été muté pour manque de productivité.
(L’homme, énervé par le manque de résultat, devient de plus en plus irritable)
- Pfff la déprime… C’est vraiment la fiesta permanente chez vous…
- Définition de Fiesta : « Synonyme de fête ce mot désigne…
- … bla bla bla …
- … avant tout une réunion d’êtres humains qui noient leur existence pitoyable dans l’alcool. L’ingestion volontaire parfois très importante de cette substance diminuera significativement l’espérance de vie de tous les convives à plus ou moins long terme (encore une attitude fort énigmatique pour nos scientifiques). Les autres éléments d’une ‘fête’ sont : de la nourriture, une ambiance propice à la formation des couples avant reproduction, de la musique… »
- Et bien tenez : et la musique alors ? Là vous ne pouvez pas me contredire ! Ca c’est de l’art qui vous remue les tripes ! La puissance du rythme, et une fois de plus : l’harmonie ! L’ensemble des instruments qui galopent les uns avec les autres pour former une mélodie inédite… Des frissons garantis !
- Tout passe par ondes mentales chez nous, nous n’avons pas d’organe auditif…$
- (Il explose) MERDE Voilà ! Vous êtes définitivement indécrottables et je vous dit MERDE !
- Définition de merde : terme familier synonyme d’….
- (Il hurle) LA FEEEERME !!! LA-FE-RME ! Fermez-la ! J’en ai marre ! Nettoyez-moi ! Vaporisez-moi ! J’EN AI PLUS RIEN À FOUTRE ! Vous n’avez pas le début du commencement d’une émotion positive : votre espèce est un cas désespéré ! Vous rodez de planète en planète en décimant tout sur votre passage, sans vous poser de question ! Vous êtes les nazis de la galaxie ! La lie de l’univers !
- Vous ne pourriez pas comprendre nos motivations.
- (Toujours hurlant) Non et je n’essayerai pas ! VOUS M’AVEZ TOUT PRIS : ma vie, mon peuple, ma planète et surtout mon amour ! La vie d’une espèce n’est pour vous qu’une simple donnée chiffrée, une statistique sans conséquence ! Le simple fait d’être insensible vous empêche de réaliser l’horreur de vos actions. Vous ne connaissez pas l’amour ? La belle affaire : nous vous sommes supérieur au moins sur ce point ! Je n’ai pas la prétention de lire dans les pensées, ou de miniaturiser Internet à la taille d’un paquet de chewing-gum, mais je peux au moins dire que j’ai vécu ! Oui j’ai pleuré, j’ai ri, et j’ai ressenti la vie plutôt que de la regarder passer avec un œil d’analyste expert ! Si je dois être « nettoyé » ce jour, je partirai heureux, car j’aurais profité d’une existence qui valait la peine d’être vécue !
-
- … (Se calmant) Disparaissez, je ne veux plus vous voir…
 
La lumière s’éteint.
L’homme s’allonge sur le lit, haletant, le regard perdu dans le vide…
 
 
 
…Suite et fin, très bientôt… 

Scène finalle
Par ManuMeuh
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Vendredi 26 octobre 2007
 
Scène 4
 
De l’art de toucher au but
 
L’homme est assis en boule dans un coin de la cellule. La boîte à Internet est éteinte.
Lorsque la lumière bleue revient soudain, l’homme n’esquisse pas le début d’un sursaut. La tête dans les bras, il reste silencieux. La voix métallique s’élève de nouveau…
 
- Alors, qu’allons nous voir cette fois-ci ?
(L’homme ne bouge pas d’un pouce)
-
- Qu’allez-vous tenter ?
- …
- Nous n’avons pas atteint notre objectif ! Alors continuez ! Allez-y, parlez, agitez-vous, énervez-vous comme vous savez si bien le faire !
- …
-
- … juste une question alors…
- C’est mon rôle les questions normalement…
- … Pourquoi suis-je en vie ? (Il se relève) Je vous ai expressément demandé de me vaporiser, de me ‘nettoyer’ qu’importe l’expression que vous utilisez…
- Je n’ai pas encore ce que je veux.
- Alors c’est ça ? Monsieur l’extra-terrestre à la voix bleuté sursoit à mon exécution, juste car il n’est pas satisfait ? Vous êtes pitoyable.
- Pas autant que vous et votre dernière intervention hystérique… Vous ne contrôlez visiblement pas vos nerfs !
- Lâchez-moi ! Passez donc à quelqu’un d’autre.
- Je doute qu’aucun autre n’ai votre persévérance. Et si je n’ai toujours pas l’amour, j’ai au moins enrichi d’autres connaissances, à commencer par mon vocabulaire ! Infophage disiez-vous ?
- Ouai… Bouffeur d’informations… Vous êtes un vrai gouffre ! Mais qu’on remplit sans résultat. Un puit sans fond : vous n’apprenez rien.
- J’ai au moins appris un mot de votre cru !
- (avec un air sinistre) Alléluia.
- Essayez encore !
- Que voulez-vous que je fasse ! Vous n’avez pas d’ami, pas de famille, pas d’avis, pas de jugement, et pas le début d’un petit sentiment… Vous êtes pire qu’une machine, sauf qu’en plus, vous êtes contrariant et vexant dans votre genre ! Tout pour plaire !
- Essayez encore.
- Je n’ai plus de ressource. L’art ne vous fait ni chaud ni froid… Non je n’ai plus d’échappatoire. Ma femme n’aura jamais sa lettre… Je vais crever ici.
-
- Je suis condamné à tourner en rond dans cette pièce, à attendre que ma cellule soit nécessaire pour une nouvelle espèce plus intéressante dont vous auriez pulvérisés la planète.
- Qui a dit que votre planète a été pulvérisée ?
- Je l’imagine très bien tout seul ! Non, je vais finir ici… Si ce n’est pas de votre fait, ça sera la vieillesse… Ou pire, à cause de cette foutue pâtée immonde qu’on nous distribue de temps en temps en guise de nourriture. Et d’ailleurs c’est quoi cette … ce… ce machin visqueux là ! C’est immangeable !
- Je ne vous le fais pas dire…
- Quelle pauvre créature ils ont du broyer pour obtenir ça… Beuark !
- C’est plein de nutriments très fortifiants !
- Oui, mais c’est dégueulasse !
- Certes.
-
- …
- … Hey, mais attendez…
(il se redresse, son visage portant une expression éclairée…)
- Vous pouvez me répéter ce que vous venez juste de dire ?
- Certes.
- Alors faites-le !
- Ben je vous le répète : Certes.
- Oui bon… Non pas ça… Vous confirmez que vous trouvez cette nourriture immonde ?
- Oui. Nous semblons d’accord sur le sujet.
- Vous me l’affirmez, là, maintenant, tout de suite !
- Tout à fait, mais…
- C’est un miracle !!!
- Avez-vous besoin que je vous rappelle la définition du mot « Folie » ?
- Vous ne comprenez pas ? VOUS VENEZ DE ME DIRE QUE VOUS N’AIMEZ PAS QUELQUE CHOSE !!!
- Mais…
- Si vous êtes capable de ne pas aimer une chose, VOUS POUVEZ AUSSI AIMER !!
- Je… Je peux aimer ?
- Oui ! C’est bien caché en vous, mais c’est là !!
- Je… Je… Je peux aimer ? … JE PEUX AIMER !
- Sûrement enfouit par des générations de servitude aveugles à la cause de votre peuple. Vous avez perdu le concept d’appréciation, et donc celui de l’amour… Mais vous en avez la capacité ! C’est ainsi : vous aimez.
(La voix continue, mais avec des débuts d’interférences)
- C’est fanta(gzz) ique ! Je ne vous (gzzz) ssez car il (gzz)
- Heu, vous avez un problème ?
 
(La lumière bleue se met à clignoter… Doucement au début, puis de plus en plus vite)
 
- (gzzz) … ivo (gzzz) ..jsul (gzzz)(gzzz)
- Hey le tentaculaire ! Va falloir que tu appelles ton service de maintenance pour extra-terrestre défaillant !
- (gzzz)(gzzz)
- Hey ! Machin ! Déconne pas !
 
(La lumière bleue s’éteint définitivement)
 
- Allo ? T’es là ? ... Merde, qu’est-ce qui lui arrive ?
 
(Soudain une lumière rouge envahit violement la pièce dans un bruit monstrueux qui fait trembler les murs de la cellule. Une voix grave encore plus métallique s’élève.)
 
- CHAMP LEXICAL ET VOCABULAIRE INTERDITS DETECTE DANS LA ZONE
- Quoi ?
- INDIVIDU REBEL DE LA COMMUNAUTE, STOPPE ET ELIMINE
- Qu’est-ce que vous lui avez fait ? Il était juste curieux !
- PROCESSUS DE NETTOYAGE DE LA ZONNE ACTIVE DANS 60 MILLIARDS DE ROTATION D’ATOME DE CARBONE
- NON !
 
(L’homme se rue sur son lit et y récupère la lettre… Il la déplie, et écrit au dos…)
 
- Mon amour, il ne me reste que très peu de temps… Tu n’auras sûrement jamais cette lettre…
 
(Un gaz envahi la pièce… Les meubles commencent doucement à fondre)
 
- Comment te dire tout ce que j’ai sur le cœur en si peu de temps… J’aurais tellement aimé pourvoir passer mes derniers instants avec toi… Au lieu de ça, j’ai pourtant eu le loisir de penser beaucoup à nous… J’ai essayé de transmettre tout ce que nous avons vécu à un extra-terrestre infophage et surtout AMOUROPHAGE.
 
(Il Commence à avoir du mal à respirer)
 
- Au final, nous sommes tous des dévoreurs d’amour… Que nous l’ayons connu ou pas, nous sommes à sa recherche… en permanence… Toute notre vie…
 
(Il peine de plus en plus…)
 
- Notre quête de… toujours, nous les… les êtres amourophages... Je suis heureux … Heureux d’avoir au moins pu… apaiser un temps ma… ma propre faim à tes côtés…
 
(Il suffoque)
 
- … Mon am… amour… Je… Je t’ai…
 
(Il s’effondre)
 
 
 
- Rideau -
 
 
 
 
Par ManuMeuh
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Mardi 30 octobre 2007
 
Epilogue
 
Quelque part, sur terre, dans une ville banale, à l’étage supérieur d’une maison banale, au fond d’un lit banal : un homme, banal, se réveille.
 
Il a encore l’esprit tout obscurci d’une nuit qui lui parut bien longue… Son cerveau est embrumé d’images étranges d’une pièce grise, d’une lumière bleue aveuglante et d’une autre, rouge, terrifiante…
 
Plus son réveil opère, moins il arrive à se souvenir des tenants et des aboutissants de son rêve complexe. Mais il sait une chose, une vérité qui lui éclate littéralement à la figure en ce petit matin, banal.
 
Sans plus attendre, il porte son regard sur l’autre côté du lit, où il aperçoit sa femme, encore endormie. Les yeux déjà remplis de larmes, il la prend dans ses bras. Elle se réveille doucement tandis qu’il la câline, l’étreint et l’embrasse, comme il ne l’avait plus fait depuis bien longtemps…
 
 
FIN
Par ManuMeuh
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