ManuMeuh, lost in translation…

Publié le par ManuMeuh

Samedi… Midi passé… Je marche le long d’une rue parfaitement propre…  Je suis dans un quartier chic !
Je ne croise que des chinois à vélos… Comme a leur habitude, ils me dévisagent intensément quand ils arrivent à mon niveau. J’attends avec impatience celui qui se vautrera pour m’avoir regardé trop longtemps au lieu de guetter ce qui se passe devant son guidon…
 Ma colloc a disparue ce matin, je l’ai attendue en vain : j’ai du partir en quête de nourriture par moi-même. Mes armes ? Mon livre des conversations Chinoises, et une carte marquant l’emplacement d’un restaurant, filée par un collègue.
Je croise un couple d’occidentaux depuis l’autre côté de la rue… Ils sont avec un enfant en poussette. Etrange, ce sont les premiers humains non asiatiques que je croise dans la rue depuis que je suis ici ! Je songe un instant à leur demander la route, mais je renonce… Quel est le pourcentage de chance qu’ils parlent français, ou même anglais ? Et puis je peux trouver par moi-même. On s’observe de chaque côté du macadam, comme des bêtes étranges mais familières dans un environnement étranger hostile.
Pas vraiment hostile dans le sens agressif, mais plutôt « non adapté »… Ils passent. Cette rencontre renforce le malaise qui me pèse de puis ce matin. Je suis à l’autre bout de la terre, loin de mes proches… Ils me manquent, ma Chérie me manque. Et je sais que si j’ai un problème a cet instant précis, personne ne pourra m’aider car personne ne parle un mot des langues qui sont à ma portée, et inversement !
Je suis dans un autre univers, régit par d’autres règles… Je suis dans une société que je ne comprends pas, mais surtout qui ne ME comprends pas… C’est moi l’intrus ici.
Je retourne mon plan dans tous les sens. Je bénis les autorités chinoises d’avoir mis la traduction anglaise du nom des grandes rues sur les panneaux. Rien à faire… Je suis au bon endroit, mais quelque chose cloche : la rue qui devait être une impasse sur mon plan, s’étends jusqu’à l’horizon dans la réalité…
Merde. je reste planté sur place… A un croisement, avec mon plan dans les mains… Je me sens perdu. C’est un sentiment assez indescriptible. Je sais où je suis, mais je me sens complètement égaré. Les chinois continuent de passer en me fixant avec d’autant plus de curiosité : la bête de foire par excellence. Mon amour, tu me manque…
Je comprends soudain ce qu’a pu ressentit le héro de Sofia Coppola, joué par Bill Murray dans son premier film : je suis Lost in translation. Un sentiment profond d’être complètement hors du coup.
Et là, c’est très étrange… Dans le pays le plus peuplé de la terre, dans cette immense ville, entouré par plus de 3 millions d’âmes, je me sens pourtant incroyablement seul. …Chérie…
Allez, on se bouge : je retourne sur mes pas. Je le trouverais jamais ce resto, pas avec une carte biaisée. J’ai repéré un coffee shop où l’on peut manger.
Là surprise, le coffee shop est vide, sauf une table qui est occupée par mon trio occidental croisé plus tôt.
J’essaye de commander un steak (histoire de me remonter le moral) mais on m’explique avec peine le problème (Oui, je suis dans un resto occidental pas excellence, mais aucun membre du staff ne parle un mot d’anglais… La chine a encore de gros efforts à faire au niveau de l’ouverture sur le reste du monde) : Il est 12h50, l’heure du repas est terminée… Ils ne servent plus de repas chauds. Merde, faut vraiment que je m’habitue aux horaires chinois !
Je commande donc un sandwich, et se que je crois être deux boulles de glaces… étrange  ils ne me demandent même pas les parfums ! Surement car ils ne sauraient les traduire !
Le sandwich arrive, j’observe mes occidentaux du coin de l’œil. Le repas est tout de même très bon. Le sandwich est coupé en quatre, chaque morceau étant piqué sur un cure-dent. (Note pour plus tard : ne pas enlever le cure-dent avant de croquer… En fait ça maintient le tout : je m’en suis foutu partout ! Mais bon, en chine, croyez moi, ce n’est absolument pas grave !)
La glace arrive : j’ai bien commandé deux boulles de glaces, mais sur la totalité des parfums qui existent sur cette planète, ils m’ont choisis (au hasard surement) les deux seuls que je ne supporte pas : café et menthe ! Moi et ma chance. Bon, je mange malgré tout.
Le petit garçon du couple occidental fait le pitre au prêt des serveuses chinoises : il me redonne le sourire. Ses parents le rappellent pour qu’il finisse son assiette : miracle ! Ils sont français.
Au moment de payer, je les salue. Eux aussi son surprit. Les français sont rares ici, alors c’est un sacré coup de bol de se croiser au hasard comme ça. On discute, on rigole, on se tutoie, on s’échange les numéros de téléphones… On se fera une bouffe prochainement !
Je pars le cœur plus léger... Cette rencontre m’a fait du bien.
Mais la journée n’en avait pas finie avec moi : il me restait à participer a un repas festif chinois le soir… Je n’étais pas au bout de mes surprise (T’ain, loin de là !)
Mais ce récit est pour demain ;-)
Allez, meuh !
[EDIT : Excellente remarque de K20 ! Lost in Translation n'est pas le premier film réalisé par Soffia Coppolla : c'est The Virgin Suicide. Pardon pour cette erreur ! Sinon, la suite du récit de la journée, c’est pour Mercredi !]
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
C'est clair il est trop fort ce Manu, on a l'impression de vivre sa vie là-bas !
Répondre
M
Mais tu va la vivre, si tu part à Pékin Pépito !!! J'éspère que tu partira bientôt !Meuh !!
K
J'aime bien tes récits, j'ai l'impression d'etre en Chine quand je li ton blog.ERRATUM : Lost in Translation n'est pas le premier film réalisé par Soffia Coppolla, c'est The Virgin Suicide.
Répondre
M
Merci pour la remarque ! Honte sur moi !Meuh !!
E
... Ce n'est pas toi qui m'aurait dit, un jour, par erreur, que le communautarisme est père de rejet?Médite... il est sympathique de trouver quelqu'un qui a les mêmes origines, qui parle la même langue, etc., mais attention!!! Tu vois comment certains l'interprètent en France!!!Allez... sinon, courage!!!Tu sais, en Belgique, les gens parlent néerlandais (enfin... là où je suis...) et c'est un peu pareil (sûrement plus vivable, je pense... héhé!!)Dicton du jour:Qui commande un glace peut finir par faire la grimace...
Répondre
M
En effet, j'avais les boulles (de glace ^^   Hoooo elle était facile celle là !)Meuh !!
P
Je n'aurais pas pu t'aider beaucoup plus mon Coeur... Pourtant, j'aurais aimé... Tu me manques... Courage ! Je t'aime.PS : interdit de faire comme le personnage de Lost in Translation, qui, si je me souviens bien, est infidèle ! ;-)Je t'aime
Répondre
M
T'inquiète, je suis sage comme une image ^^ Tun'aurais pas pu faire grand chose pour moi, tu dormait... J'aurais juste aimé que tu soit là... Ou que je te retrouveen rentrant...Tu me manque,je t'aime !