3 films, 3 adjectifs : polémique, artistique, magnifique.
Bon ça fait longtemps que je n’ai pas parlé ciné, alors que ça prend une belle place dans ma vie tout de même ! Donc, petite séance de rattrapage : on commence par un film français qui témoigne, on continue avec une superproduction chinoise, et on termine par un chef-d’œuvre.
Je passe sur la critique de La Môme , car tout le monde l’a déjà faite. Sachez que j’ai adoré !
Tous les synopsis sont aimablement fournis par Allociné.com (à qui on dit un grand merci, avec un beau sourire)
Les Témoins
Synopsis :
Paris, été 1984.
Manu débarque à Paris, où il partage la chambre de sa soeur Julie dans un hôtel modeste. Il fera la connaissance d'Adrien et nouera une amitié chaste et joyeuse avec ce médecin quinquagénaire, qui lui fera découvrir le style de vie de son milieu. Au cours d'une balade en bateau, Adrien présentera à Manu Sarah et Mehdi, un couple de jeunes mariés qui vient d'avoir son premier enfant.
Une passion amoureuse imprévue et l'irruption de l'épidémie du sida, encore perçue dans les médias et l'imaginaire collectif comme une peste moderne et honteuse vont bouleverser le tranquille agencement de ces destins particuliers. Chacun va devenir acteur et témoin d'un drame contemporain, où ceux qui ne mourront pas ressortiront peut-être plus forts, mais en tout cas pas indemnes.
S’y va, mon avis :
Ce film m’a embêté… J’ai aimé, MAIS (allitération moutonnesque), il y a beaucoup de chose à dire. Commençons par les bons points.
Les acteurs sont tous extras, la palme à Michel Blanc, qui nous offre le meilleur de lui-même : je ne l’ai jamais vu aussi bon. Les personnages sont à la limite, mais restent crédibles : ils ont au moins le mérite d’être originaux (la mère écrivain de livres pour enfants qui découvre ne pas aimer son Bébé, le flic des mœurs qui explore son côté homo etc.) L’histoire est bien ficelée, et découpée en trois acte (le bonheur, la guerre et le retour au bonheur (un poil utopique mais important)).
Par contre, j’ai du mal à saisir le style de Téchiné, le réalisateur. C’est le premier film que je voit de lui, et je trouve la réalisation décousue : certains plans son magnifiques et lourds de sens, alors que d’autres ont l’air d’être complètement à côté du récit. J’ai parfois eu l’impression que le réalisateur a mis tel ou tel plan car il l’aimait bien, alors que ça ne s’intègre pas du tout dans l’ensemble : déroutant ! On passera sur certains problèmes de raccords, mais pour un type de son expérience, ça fait bizarre. (A noter des draps d’hôpitaux en gros plan estampillés Paris 2006, pour une scène se passant dans les années 80, ça le fait pas, mais là je pinaille.)
Mais le GROS truc qui m’a fait bizarre, c’est l’absence de message. Un jeune attrape le Sida comme ça, du jour au lendemain, sans explications. Alors, on se doute, on imagine… Mais c’est le genre de choses qui alimentent certaines croyances stupides sur la maladie. Alors, oui, le film témoigne, n’agit pas (c’est le titre, et la volonté des auteurs), mais je trouve que le fléau est encore trop présent et dévastateur pour se passer d’un petit clin d’œil d’information quand on fait un film sur le sujet.
L’oeuvre reste d’une rare qualité, mais ne m’a pas touché autant qu’une personne ayant vécu cette période de doute et de terreur. Certaines images d’archives son éloquentes : cette époque était terrible car personne ne savait ce qu’était le SIDA, et comment on l’attrapait.
Vu que je suis né alors que la maladie faisait déjà régulièrement la une du 20heures, le SIDA est pour moi un fléau qui a toujours existé. Ce film fait appel à une époque et à des sentiments que je n’ai pas connus, c’est pourquoi il m’a sûrement moins touché que ma mère par exemple, qui le considère comme un chef-d’oeuvre… A vous de voir !
La Cité Interdite
Sino-psis (Ho ho ho, elle est bien bonne celle là) :
Chine, Xème siècle, Dynastie Tang. De retour à la Cité interdite après une longue absence, l'Empereur découvre qu'un complot se trame au coeur même de son palais. Les dangereuses alliances et les manipulations des conspirateurs n'ont qu'un seul but : prendre le pouvoir du plus grand Empire au monde. La trahison viendra de l'intérieur : une rébellion menée par la reine elle-même.
J’en pense queee’-oi :
Alors, ne vous fiez pas à ce qu’on voit apparaître sur l’affiche (En défiant l’empereur, une femme va changer le court de l’histoire) ou au titre du film (préférez le sous titre qui ressemble à ‘la vengeance des fleurs d’ors’) vu que ça n’a rien à voir ou presque avec l’œuvre. Ce ne sont juste que des arguments commerciaux pour te faire venir toi, petit spectateur occidental, à une superproduction chinoise. Sache que si tu n’es pas un temps soit peut sensibles à la culture asiatique, ce film va, au mieux te barber, au pire te faire rire (ou l’inverse).
Par le créateur de Hero et Le Secret des poignards volants, ce film est un aboutissement des deux autres. On sent que le réalisateur a enfin eu les moyens de son imaginaire, et cela explose à l’écran. Nous avons ni plus ni moins que le film le plus cher de l’histoire du cinéma chinois, et ça se voit ! L’esthétique des costumes et des décors ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais le tout est parfaitement cohérant (attention les yeux, c’est très doré tout ça).
Les chorégraphie des (quelques) combats sont hallucinantes et délirantes... Un vrai régal !! Attention tout de même aux âmes sensibles, certains moments sont assez durs et violents.
Mais chaque plans est pensé, maîtrisé, et parfaitement aboutit… Tout est dit, on en prend pleins les mirettes pendant deux heures !
Mais le visuel n’écarte pas le scénario qui est assez poussé pour un film de se genre (en général ça tient sur un emballage de vache qui rit) et on nous réserve de belles surprises, jusqu’au final… Sachez-le, dans la culture asiatique, on n’aime pas trop les fins hollywoodiennes où le héro s’en sort sans égratigneurs, embarque la fille, sauve le monde, gagne le grand jackpot du loto, et vit heureux pendant des siècles et des siècles.
Bref, à réserver à un public avertit : si vous n’avez pas aimé les films du même style (dont Tigre et Dragon) ne vous déplacez pas, vous perdrez votre temps. Par contre, moi qui suis très friands de ce genre de spectacles oniriques et épiques, j’en redemande !!
A la recherche du bonheur
Synopsis :
(Tiré d’une histoire vraie) Représentant de commerce, Chris Gardner a du mal à gagner sa vie. Il jongle pour s'en sortir, mais sa compagne supporte de moins en moins leur précarité. Elle finit par quitter Chris et leur petit garçon de cinq ans, Christopher.
Désormais seul responsable de son fils, Chris se démène pour décrocher un job, sans succès. Lorsqu'il obtient finalement un stage dans une prestigieuse firme de courtage, il se donne à fond, même si pour le moment il n'est pas payé. Incapable de régler son loyer, il se retrouve à la rue avec Christopher. Le père et le fils dorment dans des foyers ou des gares, cherchant des refuges de fortune au jour le jour.
Perdu dans la pire épreuve de sa vie, Chris continue à veiller sur Christopher, puisant dans l'affection et la confiance de son fils la force de surmonter les obstacles...
Je vous le dis tout de suite, j’ai pleuré :
Je sais que le film ne passe plus depuis un petit bout de temps, mais je tenais à en parler. Je n’ai pas l’habitude de pleurer au cinéma… Bon, je pleurais comme un veau devant Dumbo, mais j’étais tout petit. Plus grand, j’ai retenu mes larmes in extremis devant la dernière scène de Danser In the Dark, et Million Dollar Baby a fait perler le coin des mes yeux.
Là, devant le regard médusé de ma Chérie, j’ai pleuré comme une madeleine dans la salle, et pendant tout le retour en voiture (c’était pas facile de conduire d’ailleurs). J’ai été ému aux larmes, non pas parce que c’était triste, non pas parce qu’il y avait des méchants, mais bien parce que c’était beau... Tout simplement sublime… Juste l’histoire d’un père et de son fils, peut être le sujet qui est le plus à même de me toucher. Je ne veux pas vous déflorer l’histoire, ni les écueils de ce film, je l’ai trop aimé pour ça. Sachez juste que, rien que d’y penser en écrivant ces lignes, les larmes essayent de ressortir (couchées salletées !). Je ne parlerais pas des acteurs, Will et son junior, le marketing autour du film l’a fait pour moi (et à raison en plus, pour une fois !).
Bref, si vous êtes dans une grande ville, et qu’il passe encore, foncez !
C’est un film qui donne envie de se battre, d’aimer, de persister, d’être heureux… Bref, de vivre.
Hell Phone : je voulais aussi dire que j’ai vu la bande annonce de ce film. Le pitch ? Un ado trouve un téléphone maudit envoyé par le démon… Je suis vraiment désespéré par certaines productions américaines…
Meuh !!