Le sixième sens de lAdulenfant
Cette semaine, je n’ai jamais eu autant conscience qu’une page c’est tournée… Définitivement.
Plus rien ne sera jamais plus comme avant. Derrière cette phrase bateau, clichée, et largement éculée, se cache un réel sentiment de nostalgie. J’ai vraiment la sensation que toutes les sphères qui s’entrecroisent pour former ma vie (Famille, vieux amis, travail, nouveaux amis…) ont mutées irrémédiablement : certaines connections ne se font plus, d’autres apparaissent. Malheureusement, je gagne rarement au change.
J’ai trop tardé à grandir, pour finalement grandir trop vite. J’ai ce sentiment parfaitement clair de ne pas avoir eu d’adolescence. La marche de « grand enfant », à « jeune adulte » a été violente, et bien trop marquée. Ce n’est pas possible, ce n’est pas une marche, c’est un véritable mur !!
Je ne sais pas exactement la situer dans le temps, mais il me reste un sentiment de manque : je n’ai pas eu le droit à ma période de transition.
Et maintenant, il faut faire avec. Il n’y a pas de bureau des réclamations où je puisse aller gueuler : « Hey ! Vous ne trouvez pas qu’il manque un morceau là ? Je n’ai pas le droit d’être remboursé ? Même pas en tickets-resto ?».
Pourtant, j’aime bien être un grand enfant ! Je rechute des fois, et je m’y sens tellement bien ! Le costume d’adulte me semble tellement lourd et difforme. J’ai souvent l’impression que je n’arriverais jamais à m’y glisser, mais il le faut, envers et contre tout.
Alors je l’essaye ce maudit costume : un bras, puis l’autre… Manches après manches j’ai le sentiment de gagner en pouvoir et en possibilités. Les poches sont remplies de surprises, mais au détriment de tellement de belles choses. En effet, mon innocence si longuement et patiemment cultivée, s’est retrouvée piétinée par cet attirail qui ne s’embarrasse pas de détails. Le vaste espace de mon cerveau laissé libre au rêve est régulièrement diminué : il faut faire de la place ! On grappille à droite à gauche pour rajouter des mots barbares : « responsabilités », « technique », « choix », « projets »…
Et d’un encéphale infini d’enfant, on migre vers le cerveau cloisonné de l’adulte : Tout doit disparaître ! On découvre des barrières, des murs, voir même des limites…
Heureusement pour moi je garde mon arme secrète : un âme de secourt. Elle est un peu artiste, très fainéante, curieuse, et complètement enfantine. Elle fait des blagues, elle sauve la vie des insectes, elle peux passer des heures à regarder un paysage, elle a des puissants frissons au cinéma, elle adore manger du chocolat, elle essaye même parfois de faire bouger les objets à distances car « la force est avec elle »… Elle lit, elle court, elle rit, elle écrit, elle vit, elle touche, elle goûte, elle regarde, elle sent, elle écoute et surtout, elle rêve, elle rêve, JE rêve, encore… Toujours ! Le sixième sens, MON sixième sens. Grâce à elle, je garde une porte ouverte sur l’infini…
Mon combat à partir d’aujourd’hui sera de tout faire pour l’entretenir…